Le traitement de la mérule suit un ordre fixe : supprimer la source d’humidité, assécher le bâtiment, réparer les bois et les maçonneries atteints, puis détruire le champignon si nécessaire. Ce traitement des mérules est confié à une entreprise spécialisée dès que la structure est touchée, et la présence du champignon se déclare en mairie.
La mérule est un champignon lignivore : elle fait partie des agents visés par un traitement bois insecticide fongicide, mais elle exige une méthode à part, car elle progresse aussi dans les murs.
Qu’est-ce que la mérule ?
La mérule est un champignon qui détruit le bois humide et peut traverser la maçonnerie. Selon le guide « Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat » du ministère du Logement et de l’Anah, seules les mérules possèdent des syrrotes, des filaments capables de traverser les matériaux humides pour transporter l’eau et les nutriments. Le même guide classe la mérule parmi les champignons de pourriture cubique. Elle peut ainsi gagner un logement voisin.
Comment reconnaître la mérule ?
La mérule se reconnaît à un feutrage blanc-gris, semblable à une ouate épaisse, parcouru de filaments gris. La préfecture de Maine-et-Loire précise que ces filaments atteignent environ 7 mm de diamètre et plusieurs mètres de long. Les fructifications apparaissent à la lumière et libèrent des spores, qui peuvent attendre deux ans avant de germer d’après le guide ministériel.
La découverte se fait souvent par hasard, en déposant un lambris, un doublage ou un parquet. Une pourriture en cubes ne prouve pas la présence de mérule : d’autres champignons lignivores du bois donnent le même aspect, et seul un professionnel identifie l’espèce.
Pourquoi la mérule apparaît : l’humidité du bois
La mérule apparaît quand le bois reste humide dans un endroit chaud, sombre et confiné. Le guide ministériel donne des seuils précis de teneur en eau du bois :
| Teneur en eau du bois | Ce qui se passe |
|---|---|
| 12 à 15 % (jusqu’à 18 % de façon passagère) | Bois normal dans une maison |
| 20 % ou moins | La mérule meurt |
| 22 à 30 % | La mérule survit quelques mois en dormance |
| À partir de 28 % | Les spores germent (milieu chaud et confiné) |
| 30 à 45 %, 20 à 24 °C | La mérule se développe |
Les causes vues le plus souvent sont une canalisation qui fuit, de l’eau qui stagne contre un mur enterré ou un lambris collé sur un mur extérieur humide, des situations que cite la préfecture de Maine-et-Loire. Un bois ramené et maintenu sous 20 % ne permet plus à la mérule de vivre : c’est pourquoi l’assèchement compte davantage que le produit.
Déclaration en mairie et information de l’acquéreur : ce que dit la loi
Oui, la présence de mérule doit être déclarée en mairie dès qu’on en a connaissance. Ces règles viennent de la loi ALUR du 24 mars 2014 et figurent aujourd’hui dans le Code de la construction et de l’habitation :
- Déclaration : le Code de la construction et de l’habitation impose de déclarer la présence de mérule en mairie. L’occupant s’en charge ; à défaut d’occupant, c’est le propriétaire ; pour les parties communes d’une copropriété, c’est le syndicat des copropriétaires.
- Zonage : quand des foyers sont identifiés, un arrêté préfectoral délimite les zones de présence d’un risque de mérule.
- Vente : pour un bâtiment situé dans une de ces zones, le vendeur fournit à l’acquéreur une information sur la présence d’un risque de mérule, dans le dossier de diagnostic technique.
Le diagnostic mérule n’est pas obligatoire à la vente, rappelle la préfecture de Maine-et-Loire : seule l’information sur le risque l’est, en zone délimitée. L’arrêté préfectoral qui délimite ces zones est consultable en préfecture.
Peut-on traiter la mérule soi-même ?
Non, une mérule active ne se traite pas seul : le guide ministériel confie le diagnostic à un professionnel et le traitement à une entreprise spécialisée. Le champignon se cache derrière les doublages et dans les murs, et la partie visible ne montre pas l’étendue réelle de l’attaque.
Vous pouvez en revanche agir tout de suite :
- couper ou réparer la fuite et faire baisser l’humidité (aération, chauffage) ;
- déclarer la mérule en mairie ;
- ne pas déplacer de bois ni de gravats contaminés dans d’autres pièces : les spores se disséminent par l’air ;
- faire venir un diagnostiqueur ou un expert avant tout devis de travaux.
La fiche de la DREAL Occitanie indique que la certification CTB-A+ garantit les engagements des entreprises de traitement : demandez-la sur le devis.
Les 6 étapes du traitement des mérules :
Les 6 étapes suivent l’ordre fixé par le guide du ministère et de l’Anah :
- Identifier le champignon et vérifier que l’attaque est active (diagnostiqueur ou expert).
- Définir les mesures à prendre (expert ou bureau d’études).
- Supprimer la source d’humidité ou couper le contact entre le bois et cette source : réparation de fuite, drainage, barrière contre les remontées capillaires.
- Assécher le bâtiment : ventilation, déshumidificateur adapté au volume, chauffage.
- Réparer les bois dégradés : remplacement ou renforcement des pièces atteintes, y compris le traitement de la charpente quand elle est touchée.
- Détruire le champignon si nécessaire, sur les bois conservés et les maçonneries.
Le même guide décrit un traitement des murs par injection d’un produit imperméabilisant à leur base, déconseillé sur des murs fissurés ou hétérogènes, et un traitement par air chaud porté à 50 °C pendant 16 heures, qui peut abîmer les matériaux sensibles à la chaleur. Ces techniques relèvent de l’entreprise.
Quel produit contre la mérule ?
Le produit contre la mérule n’intervient qu’en complément, une fois l’humidité supprimée et les bois atteints remplacés. Construire au Naturel propose Woodbliss, dont la fiche technique mentionne explicitement l’« utilisation contre les champignons et notamment la mérule ». Le fabricant ne le présente pas comme un fongicide de synthèse : sa fiche le dit « sans insecticides ni fongicides ».
D’après la fiche technique du fabricant :
- contre la mérule : un protocole propre, avec un traitement complémentaire selon l’intensité et la profondeur de l’attaque ; pour la dilution et le nombre d’applications, suivez le mode d’emploi figurant sur l’emballage ;
- préparation : retirer saletés, produits hydrofuges et anciennes finitions, protéger les parties en métal ;
- action annoncée : l’alcalinité du produit agit sur le champignon, puis la cristallisation détruit la structure de ses cellules « d’après nos observations » ;
- une couche blanchâtre peut se former au bout de quelques semaines : le fabricant la présente comme un signe d’efficacité ;
- sur le chêne, une altération de couleur peut apparaître et disparaître en 5 mois environ.
Woodbliss s’utilise sur les bois non visibles. La description du HM1, prévu pour les bois visibles intérieurs, ne mentionne pas la mérule.
Woodbliss
Lisez l’étiquette et les informations produit avant toute utilisation.
Traitement mérule : prix et facteurs du devis
Le prix d’un traitement mérule par une entreprise est établi sur devis, après diagnostic, car il dépend de l’étendue réelle de l’attaque. Les facteurs qui font varier le devis sont :
- la surface et le volume de bois et de maçonnerie atteints ;
- la dépose à prévoir : doublages, cloisons, planchers, plafonds ;
- le remplacement ou le renforcement des bois de structure ;
- le traitement des murs (injection, technique choisie) ;
- la réparation de la cause d’humidité, souvent un autre corps de métier ;
- la durée d’assèchement et le matériel nécessaire ;
- l’accessibilité du chantier et, en copropriété, les parties communes.
Le prix des produits que vous achetez vous-même est affiché en direct dans le bloc produit. Lisez la garantie du devis : le guide ministériel signale que certaines entreprises ne réinterviennent que si les conditions normales d’humidité ont été rétablies.
Les erreurs fréquentes face à la mérule
L’erreur la plus fréquente est de traiter le bois sans supprimer l’humidité : la mérule repart dès que le bois redevient humide. Les autres erreurs vues au comptoir :
- refermer un mur humide avec un doublage ou un lambris collé, qui recrée le milieu confiné ;
- traiter seulement la zone visible alors que les filaments ont gagné les murs ;
- utiliser de l’eau de Javel ou un mélange maison : aucun ne traite la mérule et certains abîment les matériaux ;
- oublier la déclaration en mairie, qui reste obligatoire même si vous traitez vite.
Questions fréquentes sur le traitement de la mérule
Faut-il déclarer la mérule en mairie ?
Oui, le Code de la construction et de l’habitation impose de déclarer la présence de mérule en mairie dès qu’on en a connaissance. La déclaration revient à l’occupant, à défaut au propriétaire, et au syndicat des copropriétaires pour les parties communes.
Combien coûte un traitement mérule ?
Un traitement mérule par une entreprise se chiffre sur devis, après diagnostic. Le montant dépend surtout de l’étendue de l’attaque, des déposes, du remplacement des bois, du traitement des murs et de la réparation de la cause d’humidité.
Peut-on traiter la mérule soi-même ?
Non, une mérule active relève d’un diagnostic professionnel et d’une entreprise spécialisée. Vous pouvez couper la fuite, aérer, déclarer la mérule en mairie et éviter de disperser les débris contaminés.
Quel fongicide pour la mérule ?
Aucun produit ne remplace la suppression de l’humidité et le remplacement des bois atteints. En complément, la fiche de Woodbliss le décrit utilisable contre la mérule, sans fongicide de synthèse ; suivez le mode d’emploi figurant sur l’emballage.
La mérule peut-elle revenir après traitement ?
Oui, si le bois redevient humide. Selon le guide ministériel, la mérule survit quelques mois en dormance dans un bois à 22-30 % d’humidité et ses spores attendent jusqu’à deux ans avant de germer : la surveillance de l’humidité compte autant que le traitement.
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